1/3

Le Trouble du Déficit de l'Attention peut être associé à de l'hyperactivité motrice ou cognitive, et de l'impulsivité. Souvent, il est également associé à d'autres troubles, tels que le Trouble d'Opposition et de Provocation (TOP), des troubles "dys" (dyslexie, dysgraphie, dysorthographie etc.).

On peut également le retrouver associé à un Haut Potentiel Intellectuel (HPI) et/ou à un Trouble du Spectre Autistique (TSA) de type Syndrome d'Asperger. 

Dans le cadre professionnel, il peut amener des difficultés de concentration, d'organisation, mais aussi des facilités de création. 

Il peut être la cause d'un épuisement psychique et d'un burnout.

Une reconnaissance de travailleur handicapé peut être obtenue, et des aménagements du travail peuvent être faits. 

Le Trouble du Déficit de l'Attention avec/sans Hyperactivité est un trouble d'origine neurologique qui implique une plus faible connectivité neuronale des aires cérébrales qui gèrent l'attention et la planification, plus un dysfonctionnement des neurotransmetteurs de la "voie dopaminergique" : dopamine, noradrénaline, adrénaline. Il a généralement pour conséquence une triade psychologique : manque d'estime de soi, manque de confiance en soi, et anticipation anxieuse. En effet, quand j'oublie des affaires, des rdv, de faire/rendre un travail, mon estime de moi baisse, je perds confiance en moi et j'anticipe les nouvelles situations similaires avec anxiété. 

Sa prise en charge thérapeutique peut être faite avec le programme cogmed (lire ici) qui développe la connectivité neuronale et améliore donc le fonctionnement dopaminergique, et la prise de compléments alimentaires après le dosage des neurotransmetteurs (laboratoire Barbier, spécialisé en biologie préventive) pour rééquilibrer la voie dopaminergique. Il existe des médicaments pour agir sur la dopamine. Les seuls autorisés en France sont des dérivés d'amphétamines et il n'y a pas d'autorisation de mise sur le marché pour l'adulte. 

Voici les critères internationaux de diagnostic (DSM-5). Chez l’adulte, il faut 5 item d’inattention sur 9 pour faire une très forte suspicion de TDA/H : 

 

Inattention : 

  1. Souvent ne parvient pas à prêter attention aux détails ou fait des fautes d’étourderie dans les devoirs scolaires, le travail ou d’autres activités ;

  2. A souvent du mal à soutenir son attention au travail ou dans les jeux ;

  3. Semble souvent ne pas écouter quand on lui parle personnellement ;

  4. Souvent, ne se conforme pas aux consignes et ne parvient pas à mener à terme ses devoirs scolaires, ses tâches domestiques ou ses obligations professionnelles (ex : commence le travail mais perd vite le fil et est facilement distrait).

  5. A souvent du mal à organiser ses travaux ou ses activités ;

  6. Souvent évite, a en aversion, ou fait à contre-coeur les tâches qui nécessitent un effort mental soutenu ;

  7. Perd souvent les objets nécessaires à son travail ou à ses activités ;

  8. Souvent se laisse facilement distraire par des stimuli externes (passer du « coq à l’âne ») ;

  9. A des oublis fréquents dans la vie quotidienne ;

 

Hyperactivité :

  1. Remue souvent les mains ou les pieds ou se tortille sur son siège ;

  2. Se lève souvent en classe ou dans d’autres situations où il est supposé rester assis ;

  3. Souvent, court ou grimpe partout, dans les situations où cela est inapproprié (remarque : chez les adolescents ou les adultes, cela peut se limiter à un sentiment d’agitation) ;

  4. A souvent du mal à se tenir tranquille dans les jeux ou les activités de loisir ;

  5. Est souvent "sur la brèche" ou agit souvent comme s’il était "monté sur ressorts" ;

  6. Souvent, parle trop ;

 

Impulsivité : 

  1. Laisse souvent échapper la réponse à une question qui n’est pas encore entièrement posée ;

  2. A souvent du mal à attendre son tour ;

  3. Interrompt souvent les autres ou impose sa présence ;

A l'âge adulte, les symptômes  peuvent avoir été compensés par le conjoint (gestion des papiers etc.) ou des collègues mais ils peuvent néanmoins rester observables :   

  • Procrastination : ce sont souvent les conséquences les plus fâcheuses pour les adultes, ce qu les amène à oublier de payer les factures, ne pas compléter leur déclaration d’impôt à temps, d'oublier de répondre à des lettres importantes etc.

  • Faible tolérance à la frustration : en lien avec l’impulsivité, les difficultés liées aux petites frustrations se transforment en agressivité, ce que nos amis québecois appellent "avoir la mèche courte". Cela entraîne des difficultés relationnelles professionnelles et/ou personnelles ;

  • Labilité émotionnelle avec souvent un sentiment d’échec : la personne peut présenter des variations de l’humeur, ce qui rend les interactions sociales difficiles et imprévisibles. Il peut y avoir un sentiment d’échec personnel, professionnel et/ou familial car ces patients n’arrivent pas à maintenir leurs relations, leur emploi, réussir les études, aller au bout des choses entreprises à cause d'un désintérêt qui arrive rapidement ;

  • Faible estime de soi : elle est souvent fréquente et elle est une conséquence du rejet vécu lors de leur enfance et de leur adolescence, et des difficultés scolaires. Cela peut également être associée à des difficultés professionnelles à l'âge adulte. Un accompagnement psychoéducatif et psychothérapeutique peuvent aider le patient. Mais c'est un sentiment qui peut facilement revenir si la personne est à nouveau confrontée à l’échec.

  • Habiletés sociales peu développées : c'est davantage présent chez les personnes TDA/H avec hyperactivité/impulsivité. Elles ont une difficulté à écouter les consignes, à percevoir les signaux sociaux, elles sont davantage entêtées etc.

Selon les différentes études, on note que : 

  • Le taux de TDA/H adulte serait d'environ 4% de la population générale avec un ratio de 4/1 en faveur des garçons vs filles, surtout pour l'hyperactivité ;

  • 30-40% fonctionneraient bien, et seraient peu différentes des personnes contrôles, avec un usage de phénomènes compensatoires grâce au choix d'un type de travail, leurs relations etc.

  • L’évolution du TDAH à l’âge adulte révèle une réduction de la sévérité des symptômes durs, notamment au niveau de l’agitation qui semble davantage être canalisée vers des activités dirigées (2 emplois, patron d'entreprise ou cadre devant travailler beaucoup, beaucoup de sport, sport à risque etc.). Certains continuent toutefois à présenter des comportements de gigotement ;

  • Moins de personnes à l’âge adulte rencontrent les critères diagnostiques du TDAH qu’à l’adolescence (étude de New York parle de 31% à la fin de leur adolescence versus 11% à l’âge adulte). Mais lorsque le conjoint et/ou les parents sont impliqués dans le diagnostic pour avoir un regard extérieur au patient, ces 31% doublerait...

  • 21 à 31% des adultes avec un TDAH ne n'iraient pas au bout de leurs études secondaires en comparaison à la population normale (2% à 10% pour eux) ; les difficultés scolaires sont un symptôme important ;

  • 10 à 23% développeraient des personnalités antisociales à l’âge adulte ;

  • L’abus de drogues serait plus courant à l’âge adulte (12 à 16% vs 4% chez les adultes "normaux") ;

  • Les adultes TDA/H présenteraient davantage de troubles d’adaptation (tentatives suicidaires plus élevées, isolement social plus grand, plus grande plainte de symptômes etc.) et ils ont plus de diagnostics psychiatriques associés : anxiété, dépression etc. ;

  • Il y a un nombre d’accidents de voiture plus élevé et de nature plus sérieuse ;

  • Les patients seraient 3 fois plus à risque de devenir des fumeurs (fumeurs précoces) et feraient davantage usage de café, cola, alcool.

  • Il y a 25% de probabilité d'avoir un enfant TDA/H quand l'un des deux parent est TDA/H ;

  • Une étude de l'Université du Wisconsin indique que 60% des jeunes femmes TDA/H de 19 ans ont eu une grossesse avant l'âge de 19 ans ;

  • Les tentatives de suicides seraient 8 fois plus importantes chez les adultes TDA/H ;

  • 20% des jeunes délinquants seraient TDA/H. 

 

Critères de diagnostic selon Hallowell et Ratey. Il faut une perturbation chronique dans au moins 15 des critères suivants :

  1. Sous-performance à rencontrer ses objectifs ;

  2. Difficulté à s’organiser ;

  3. Procrastination chronique ou difficulté à débuter ;

  4. Plusieurs projets simultanés et difficulté à les réaliser ;

  5. Tendance à parler spontanément sans tenir compte du contexte ;

  6. Recherche fréquente de stimulations ;

  7. Intolérance à l’ennui et à la routine ;

  8. Facilement distrayable, à maintenir son attention, à perdre le fil et à hyperfocaliser par moment ;

  9. Très créatif, intuitif et intelligent ;

  10. Difficulté à suivre les procédures ;

  11. Impatient, faible tolérance à la frustration ;

  12. Impulsivité, verbale ou physique, peut être financière, à modifier ses plans ou autres ;

  13. Tendance à s’inquiéter excessivement ;

  14. Sentiment d’insécurité ;

  15. Variation d’humeur, labilité émotionnelle (souvent en lien avec leurs frustrations et/ou leurs échecs) ;

  16. Agitation constante ;

  17. Propension vers des comportements de dépendance (alcool, drogue, jeux, magasinage) ;

  18. Problèmes chroniques d’estime de soi ;

  19. Auto-observation faussée (mauvais impact de soi sur les autres) ;

  20. Histoire familiale TDAH, maniacodépressif et/ou dépression ;

Visiteurs depuis mars 2018

Contacts  Formulaire de contact.     Tel : 06 99 56 6000    Mentions légales

Siège social : Cabinet EVIMERIA, 142 rue de Rivoli  75001 Paris. 

Intervention sur la France et DOM-TOM. 

N° SIRET : 50291003700055

Evimeria intervient pour :

IAE Tours.png
Moodwork