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Syndrome d'Epuisement Professionnel

Burnout

Définition médicale : il s'agit d'un syndrome d'épuisement professionnel recouvrant trois aspects : 

  • Un épuisement émotionnel ; 

  • Un épuisement cognitif ; 

  • Un sentiment de dépersonnalisation ; 

On note également des manifestations cliniques possibles dans 5 domaines : 

  • Emotionnel : anxiété́, tensions musculaires diffuses, tristesse de l’humeur ou manque d’entrain, irritabilité, hypersensibilité, absence d’émotion ; 

  • Cognitif : troubles de la mémoire, de l’attention, de la concentration, des fonctions exécutives ; 

  • Comportemental ou interpersonnel : repli sur soi, isolement social, comportement agressif, parfois violent, diminution de l’empathie, ressentiment et hostilité à l’égard des collaborateurs ; comportements addictifs ; 

 

  • Motivationnel ou lié à l’attitude : désengagement progressif, baisse de motivation et du moral, effritement des valeurs associées au travail ; doutes sur ses propres compétences(remise en cause professionnelle, dévalorisation) ; 

  • Physique non spécifique : asthénie, troubles du sommeil, troubles musculo-squelettiques (type lombalgies, cervicalgies,  etc.), crampes, céphalées, vertiges, anorexie, troubles gastro-intestinaux. 

Définition "juridique" : à cette définition médicale, on pourrait ajouter une seconde définition, juridique, qui serait que le burnout est l'échec de la prévention primaire et secondaire des Risques Psycho-Sociaux : temps et intensité du temps de travail, relations sociales au travail, insécurité de la situation de travail, exigences émotionnelles, autonomie, conflit de valeurs. Cet échec de la prévention convoque plusieurs textes du code du travail : 

L-4121 : L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. 

Ces mesures comprennent : 

1° Des actions de prévention des risques professionnels, y compris ceux mentionnés à l'article L. 4161-1 ; 

2° Des actions d'information et de formation ; 

3° La mise en place d'une organisation et de moyens adaptés. 

L'employeur veille à l'adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l'amélioration des situations existantes.

L-4122 : Conformément aux instructions qui lui sont données par l'employeur, dans les conditions prévues au règlement intérieur pour les entreprises tenues d'en élaborer un, il incombe à chaque travailleur de prendre soin, en fonction de sa formation et selon ses possibilités, de sa santé et de sa sécurité ainsi que de celles des autres personnes concernées par ses actes ou ses omissions au travail.

Les instructions de l'employeur précisent, en particulier lorsque la nature des risques le justifie, les conditions d'utilisation des équipements de travail, des moyens de protection, des substances et préparations dangereuses. Elles sont adaptées à la nature des tâches à accomplir.

Les dispositions du premier alinéa sont sans incidence sur le principe de la responsabilité de l'employeur.

R-4121 : L'employeur transcrit et met à jour dans un document unique les résultats de l'évaluation des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs à laquelle il procède en application de l'article L. 4121-3
Cette évaluation comporte un inventaire des risques identifiés dans chaque unité de travail de l'entreprise ou de l'établissement, y compris ceux liés aux ambiances thermiques.

La Loi du 17 août 2015 : sur la relance du dialogue social et ses décrets d’application ont mis à disposition des salariés un nouveau mécanisme de reconnaissance de l’origine professionnelle de pathologies psychologiques, donc non désignés dans un tableau de maladie professionnelle ; 

Reconnaissance du burnout en maladie professionnelle :

Le burnout n'est pas dans le tableau des maladies professionnelles, ce qui fait qu'il n'est pas reconnu comme telle. Cependant, il est possible au salarié d'instruire un dossier auprès du Comité Régional de Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRRMP) et d'obtenir cette reconnaissance. Pour cela, il faut que le salarié soit examiné par le médecin qui instruira le dossier afin de constater un taux d'incapacité temporaire de travail due à l'épuisement professionnel supérieur à 25%. Or, la plupart des personnes qui sont en burnout ne font pas cette démarche au début de leur arrêt maladie, mais quand ils vont mieux. Dans ce cas, le médecin constate que le salarié n'est plus dans un état d'épuisement majeur (>25%) et il ne peut donc pas attester d'une incapacité de travail suffisante pour accéder à cette reconnaissance.

D'où la nécessité de se faire accompagner par le médecin du travail dès le début de l'arrêt maladie et non seulement lors de la reprise du travail, d'avoir un conseil juridique auprès d'un avocat spécialisé en Droit du travail et de la Sécurité Sociale, pour agir au mieux, sans que cela soit nécessairement une démarche contre l'employeur. 

Cependant, la CPAM indique une augmentation de 6%/an de la reconnaissance du burnout en Maladie Professionnelle via ce comité. 

Burnout : dépression ou épuisement cognitif ? 

Les neurotransmetteurs activent des aires cérébrales qui gèrent nos différentes fonctions cognitives et psychologiques. Parmi eux, la sérotonine régule l'humeur, et une dépression psychologique est généralement soignée par un anti-dépresseur, c'est-à-dire un Inhibiteur de la Recapture de la Sérotonine (IRS) pour faire mieux fonctionner la sérotonine présente dans le cerveau. Elle est trop basse (ou il y a un défaut de fluidité membranaire) pour faire fonctionner correctement ce circuit de l'humeur, et l'IRS vient corriger cela mais sans augmenter la synthèse de sérotonine ou améliorer la fluidité membranaire. 

De l'autre côté, les catécholamines (dopamine, noradrénaline, adrénaline) participent fortement à activer l'attention et la concentration, la motivation, le circuit de la récompense, et à ce titre ils sont fortement impliqués dans l'activité intellectuelle pour réfléchir, résoudre des problèmes, mémoriser, apprendre, travailler etc. mais aussi pour les addictions avec/sans produit. Ainsi, un enfant/adolescent qui présente un Trouble du Déficit de l'Attention amenant des difficultés de travail/apprentissage scolaire se verra prescrire en France un médicament qui agit directement sur cette dopamine pour restaurer des capacités normales de travail intellectuel. 

En France, la prise en charge médicale du burnout passe généralement par du repos et une prescription médicale d'anti-dépresseur. Or, les anti-dépresseurs agissent principalement sur la sérotonine qui régule l'humeur et non sur la voie dopaminergique qui active les capacités cognitives. 

De son côté, la Haute Autorité de la Santé indique que dans leur étude, des personnes souffrant de burnout ne présentaient pas de syndrome dépressif et, à l’inverse, que des personnes dépressives ne remplissaient pas les critères permettant un diagnostic de burnout. Les deux syndromes pourraient coexister, surtout dans les burnout sévères. Plus loin, le rapport nous dit que le recours aux antidépresseurs chez des individus en burnout sévère n’était pas expliqué par la coexistence de troubles dépressifs ou d’anxiété́, et que la prise en charge du burnout n’était pas optimale. 

 

Pour approfondir cette question, on peut indiquer brièvement les fonctions de ces neurotransmetteurs : 

  • Dopamine : attention, motivation, élaboration de projet, création, processus de recherche de nouveauté, impliqué dans les phénomènes de dépendance et d’addiction (renforcement positif), la motivation.​

  • Noradrénaline : l'attention, les émotions, le sommeil, le rêve et l'apprentissage. Elle joue aussi un rôle dans les troubles de l'humeur comme la maniaco-dépression, et l'hyperactivité motrice (TDA/H). 

  • Adrénaline : Apprentissage, concentration, stress, prise de poids.

  • Sérotonine : régulation de la température, le sommeil, l'humeur (agressivité, anxiété), l'appétit et la douleur. La dépression, le suicide, les comportements impulsifs, l'agressivité et l'anxiété impliquent certains déséquilibres de la sérotonine.

 

Pour plus d'information, il est possible de consulter ici les fiches en français de l'Université McGill du Canada. 

Ce qu'il faut savoir également, c'est que ces neurotransmetteurs se synthétisent à partir d'acides aminés présents dans notre alimentation. Le bon fonctionnement de notre cerveau dépend donc en grande partie de notre assiette et de notre intestin, ce "second cerveau"... Ainsi, une alimentation équilibrée apporte en quantité suffisante les nutriments dont nous avons besoin pour notre activité physique et mentale, ce qui est souvent confondu avec une alimentation diversifiée qui indique que l'on mange "de tout", mais pas nécessairement avec l'apport nécessaire pour faire face à nos dépenses...

Tout est donc question d'équilibre entre les dépenses et les apports. En effet, si on apporte deux fois moins de tyrosine que nécessaire pour faire la dopamine nécessaire à nos dépenses, alors notre alimentation sera peut-être diversifiée, mais elle sera déséquilibrée face à nos besoins, et nos capacités de travail en seront diminuées...

Or, on peut doser de façon indirecte cette synthèse de la dopamine, noradrénaline, adrénaline, et même celle de la sérotonine, par une simple analyse d'urine, en accès libre (sans ordonnance) même si ce dosage est en grande partie remboursé par la sécurité sociale sur prescription médicale. Cela permet alors d'estimer le taux de synthèse, la recapture et le passage synaptique (la fluidité membranaire liée au rapport omégas 3-6) pour activer le circuit de l'attention, de la motivation, de la récompense, de l'humeur etc. Pour cela, il faut s'adresser à un laboratoire spécialisé en biologique fonctionnelle. Et il est souhaitable d'ajouter à ce dosage des neurotransmetteurs une "iodurie" car l'iode est fortement impliquée dans le fonctionnement du cerveau, et un déficit d'iode peut amener des signes cliniques de grande fatigue chronique, difficultés d'attention/concentration etc. qu'il est simple à corriger après vérification par votre médecin qu'il ne s'agit pas d'une hypothyroïdie. 

Exemple de dosage des neurotransmetteurs :

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Webinaire sur les neurotransmetteurs et leur dosage :

Quand ce type de dosage est réalisé en situation de pré-burnout ou de burnout, on constate généralement un effondrement de l'axe dopaminergique comme dans l'exemple ci-dessus, ce qui est associé à une fatigue cognitive : incapacité à réfléchir, à mémoriser, pas d'énergie pour s'engager dans des tâches etc. La sérotonine peut également chuter en cas de burnout. 

En cas de déséquilibres, il est possible  de prendre des compléments alimentaires (sauf contre-indication médicale) pour corriger cela puisque la synthèse des neurotransmetteurs, la fluidité membranaire etc. dépendent directement de notre alimentation, et donc des apports que nous donnons à notre cerveau. Les premiers effets positifs sont généralement observables en 3 semaines. Ensuite, il faut modifier son alimentation en conséquence pour maintenir le rééquilibrage. 

Attention, bien que le dosage des neurotransmetteurs soit en accès libre sans ordonnance, et que les compléments alimentaires soient en vente libre, il faut néanmoins se faire accompagner par un praticien formé à l'analyse du dosage des neurotransmetteurs et ayant une connaissance des troubles cognitifs pour faire le lien entre l'analyse biologique faite, et les signes cliniques relevés et les supplémentations. En effet, un déficit de neurotransmetteurs ou de fluidité membranaire est préjudiciable, mais un excès aussi... Cela doit donc être encadré par un professionnel formé. 

5 tables rondes avec 1 médecin du travail, 2 avocates et 1 consultant RH et RPBO©

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Dr. Simeona CHOUNINA

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Me Florence MONTEILLE
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Me Diane LEMOINE
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Xavier MENARD
06 66 51 96 55

Bibliographie sélective

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Ressources officielles

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